September 23, 2004

Non, le sémiologue n’est pas une affreuse petite bête…

Posted by

Manuel Diaz

Il est extrêmenet facile de dénigrer une discipline que l’on ne connaît pas (et que l’on ne cherche pas connaître…). Entre les remarques gratuites du genre “La sémiologie, c’est un joli terme pour n’exprimer que du vent” (oui oui je l’ai déjà entendu) et les interrogations de ceux qui font l’effort de s’intéresser (mais qui décrochent au bout de deux phrases), il fallait absolument que j’intervienne pour recadrer tout ça et ne plus être considérée comme une bête de foire.

Première embrouille :

J’ai un diplôme de sémiologie mais une formation de sémioticienne…Sémiologie et sémiotique sont deux termes différents mais qui s’accordent à étudier un même thème : le sens et les différents codes linguistiques qui jalonnent notre langage. J’espère que tout le monde suit parce que ça va se compliquer.

On distingue deux écoles :

- L’école des sémiologues avec pour figure emblématique Roland Barthes

- L’école des sémioticiens avec pour figures de proue Greimas, Courtès et consors

A ces deux écoles correspondent deux définitions :

- Sémiologie : science générale de tous les systèmes de signes (ou de symboles) grâce auxquels les hommes communiquent entre eux. Cette défintion est celle de Ferdinand de Saussure, l’un des plus grands linguistes de ce temps.

- Sémiotique : Théorie d’analyse du discours, de la signification et des procédures d’analyse permettant de décrire des systèmes de signification

Là je pense que plus personne ne suit mais je vous laisse réfléchir à cette distinction… Je répondrai volontiers à toutes vos remarques et vos interrogations (du moment qu’elles soient pertinentes)…

Si je n’ai pas de réaction, c’est que tout le monde s’en fiche et dans ce cas là je ne veux plus aucune remarque (par respect pour ma tentative d’explication…)

Anonymous

Ton article n’est pas indigeste et il a le mérite de rappeler la distinction entre sémiologie et sémiotique.
Pour être réducteur, la sémiologie c’est en labo de recherche que cela se passe et la sémiotique relève plus de l’application concrete (j’ai bon là ?).
Si groupe Reflect bénéficie grace à toi de ces compétences, c’est bien que nous mesurons l’importance de tout cela. Dans un domaine où les codes visuels, textuels ou interactifs sont les matériaux de ce que nous construisons, ce sont des sujets importants.

Anonymous

Tu pourrais peut-être parler des applications concrètes qe tu fais de ces sciences dans ton travail au quotidien chez groupe Reflect…

Je pense qu’en parlant de ce qui vous est commun, c’est à dire la réalisation Internet, tes collègues apprécieront plus tes compétences…

Je pense que le problème est justement un problème de sens ou bien justement de non sens pour eux… tu as d’ailleurs bien fait d’apporter une définition, même si je la trouve très universitaire…

L’inconnu et le mal compris font toujours peur, c’est un instinct de survie archaïque chez l’humain… Je pense donc que tu les effraies avec ton terme qu’ils considèrent eux comme barbare et toi comme courant.

Si tu devais inventer un nom un peu moins intello, plus adapté à Internet, tu appelerais çà comment ?
Consultante, qui ne veut pas dire grand chose non plus, Architecte, Concepteur…

Amo

En effet, le sémiologue (comme le sémioticien) n’est pas une affreuse bête. L’hérmeticité apparent de son vocabulaire ne doit en aucun cas cacher l’importance de son expertise dans la compréhension de notre environnement.

En ce sens, tout ce qui nous entoure (architecture, peinture, mode, publicité, etc…) dégage du sens, par l’intermédiaire des signes, qui nous permettent de mieux appréhender la complexité de notre contexte.

Par rapport à la distinction sémiologie et sémiotique, elle peut trouver ses fondements dans les cultures au sein desquelles elles se sont développées. Je m’explique, la sémiologie, dont le père fondateur est Ferdinand de Saussure, est apparue au début du siècle dernier en Europe. La sémiotique, dont le père fondateur est Charles S. Peirce, est apparue en même temps mais de l’autre côté de l’Atlantique. (USA) Voilà, pour les origines de la distinction, cependant, cette séparation est rendue plus floue via la création (ou le développement) de certaines écoles européénnes d’inspiration saussurienne, dont celle de Greimas, qui on utilisé le terme de sémiotique pour caractériser leurs études. Il y a tant à dire (ou à redire) sur ce débat que je préfère m’arrêter là et continuer ma petite visite de votre blog.

merci.

Amandine

Enfin quelqu’un pour qui la sémiotique est une science limpide !! Je revis :-)… Je dois admettre que mes tentatives d’explication sont assez formelles et très universitaires ; toutefois, elles ne me semblent pas insurmontables… D’ailleurs je compte bien me racheter prochainement en proposant un blog sur la sémiotique et le web design… Chacun aura ainsi une meilleure lisibilité sur ce mode d’analyse en prise directe avec nos métiers.

Mieux encore j’ai prévu un TP sur l’interprétation du carré sémiotique… c’est Christophe qui devra s’y coller… Comme toujours… Ca lui apprendra à se moquer gentimment des sémioticiens… :-)) et vlan !