April 20, 2007

Décider que c'est important

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amo@emakina.fr

J’ai encore pu mesurer hier soir combien quelques chiffres bien sentis sur la montée en charge de l’économie numérique permettaient de secouer quelques PME représentatives, car curieuses mais pas du tout conscientes des changements à l’oeuvre et attendant en bon Saint-Thomas de prendre le platane pour comprendre. Ce n’est pas quand la vague est bien en vue qu’il faut penser à aller chercher la planche pour la surfer ! Pour cela, il ne suffit pas de se regarder le nombril, mais bien d’observer en tendance ce qui se passe par rapport nos voisins, l’occasion aussi de mesurer, à l’heure de choix politiques décisifs, qu’il y a du pain sur la planche dans notre beau pays.


La semaine dernière a en effet été riche en chiffres pour éclairer l’économie numérique et accessoirement les enjeux pour l’Europe et la France.
D’abord l’édition 2006 du Global Information Technology Report du Forum Economique Mondial (digest sur le JDN). Le plus intéressant est de montrer que les territoire qui progressent ou créent les meilleurs conditions de développement à l’économie numérique sont ceux qui ont eu des politiques volontaristes sur les usages, couplant libération des énergies et capacité de la puissance publique à montrer le chemin. Ainsi, les Etats-Unis avancent moins vite que l’Europe du nord à cause d’une plus faible utilisation des TIC par l’administration et de la “déterioration de l’environnement politique et réglementaire” à l’égart des TIC. J’avais eu l’occasion de pointer le volontarisme danois, pays #1 dans le classement maintenant, ou de l’Estonie, connu pour ses innovations radicales dans la gouvernance via les TIC. Ces facteurs étaient déjà au menu des conclusions de la livraison 2005 du rapport.
Aujourd’hui, la question des tuyaux n’en est plus une et les bons points de la France dans le développement de l’infrastructure et du taux de pénétration ne suffit pas à nous faire perdre une place (23e), le problème étant, justement au niveau de la libération des énergies et surtout du volontarisme public à faire entrer la société plus que d’être sur Internet, la, population y étant déjà.
Ensuite l’initiative européenne i2010 livre des chiffres très intéressants sur la place de la France dans le concert Européen. Confirmant ce qui précède, on nous voit bien placé sur la pénétration du haut-débit, très faibles sur la mobilité et avec une proportion d’internautes actifs sous la moyenne de l’UE.
Pourtant, note très positive et à rapprocher des bons chiffres du commerce électronique, 17% du revenu global des entreprises françaises serait lié à l’e-commerce et avec 5,6% du PIB, la contribution des TIC se situe dans le haut du panier européen. Un chiffre à mettre en perspective d’un autre rapport de l’UE qui pointe que 50% de la croissance est lié au numérique.
Alors quand on dit que la croissance est dans une bonne stratégie TIC et que cela représente déjà une part non-négligeable de création de valeur, il est temps d’arrêter d’attendre que nos élites décident que l’économie numérique c’est central et de s’engager !

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