October 1, 2008

Plaidoyer pour l'Information Architecture

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amo@emakina.fr

Je remercie beaucoup Laurent d’avoir su susciter ma curiosité à venir passer deux jours dans la venise du nord à l’occasion de l’EuroIA, le sommet européen de l’Information Architecture Commitee. Amsterdam est une ville sympathique, qui plus est quand il faut beau, et d’autant qu’on a rendez-vous dans autre chose qu’un centre de congrès neutre ou froid.
Pour simplifier la définition et franciser, l’Architecture de l’Information , c’est l’art de modéliser l’expérience utilisateur. Une discipline qui recouvre aussi bien la réflexion stratégique, éditoriale, l’utilisabilité et toutes ces choses qui concourent à penser du web.
J’ai épluché la liste des plus de 160 participants issus de plus de 20 nationalités (y compris des japonais) et j’étais apparemment le seul frenchy de l’affaire. Effrayant quand on mesure la qualité de ce qui est présenté mais surtout la communauté elle-même. Alors, comment se fait-il que nous passions, nous français, à côté d’une dynamique mondiale qui structure un puissant réseau d’expert et qui pense sa discipline au point d’envisager un référentiel mondial universitaire.
En France, nous raisonnons usages, donc usagers, avec des approches sanitaires et massifiées, où il s’agit de prévenir des problèmes en passant par des Codes réglementaires. Ne manque à l’appel que la bureaucratie qui s’en suit. La démarche de mise en place du RGAA est caractéristique de ce processus, qui n’est qu’une application de la manière dont, en France, et de manière culturelle, nous gérons les choses. Le grand intérêt de l’IA est d’être une discipline, donc quelque chose qui se discute, qui fédère le business, la recherche et l’enseignement, qui vise des objectifs d’efficience, et qui a en fin de compte une valeur, qui parle vraiment business.
En résumé, pendant que nous parlons problèmes, le monde élabore un domaine d’activité. Il me semble que nous sommes au comptoir du buffet de la gare alors que le train est parti.

Mael

Une bonne chose serait déjà de créer un chapitre UPA (Usability Professionels Association) pour la France, car c’est à mon sens la compréhension de la valeur ajoutée de l’utilisabilité qui poussera l’architecture de l’information dans les cahiers des charges.
Quoiqu’il en soit vous avez raison de pointer le formalisme français. L’architecture de l’information ne sera reconnue dans les universités que si elle est enseignée par les spécialistes de la bibliothéconomie, discipline qui est sa catégorie parente, du moins pour l’indice décimal de dewey (le serpent se mort la queue).
Le problème est le même pour l’utilisabilité qui n’est chez nous légitimée que par les ergonomes cogniticiens, ce qui tranche avec les cursus des grands noms de la discipline comme JJ Garret ou Barbara Ballard, qui viennent du management ou du design, on peut se demander si on peut attendre quelque chose en France.

jc-Qualitystreet

Le train est parti depuis bien plus longtemps… on en parlait beaucoup en 2000 – 2002 et les problématiques d’architecture de l’information sont selon moi déjà abordées, à des degrés divers je te l’accorde, sur les projets Web, notamment au travers du travail de l’ergonome. L’activité est bien cadrée; les références nombreuses Rosenfeld & Morville; Kalbach; Wodtke …
Il s’agit effectivement d’une activité à ne pas négliger, à systématiser et à mettre en avant… Pour le reste, c’est souvent une question de terme ou d’effet de mode.
Je considère que l’architecture de l’information, le design d’interaction, l’évaluation d’interface par des tests utilisateurs ou sur critères font partie entièrement de mon activité d’ergonome; le tout comme tu le soulignes pour garantir une bonne Experience Utilisateur. Le modèle de Garrett en est une parfaite illustration: il permet de poser les choses, les différentes disciplines et de clarifier le discours vis à vis de mes Clients ( http://www.qualitystreet.fr/?2008/04/20/115-au-service-de-l-experience-utilisateur )
D’ailleurs plus que Information Architecture, la mode est plutôt à l’Experience Utilsateur (notamment grâce à nos amis d’Adaptive Path)… et le “User Experience Specdialist” est déjà sur pas mal de cartes de visite 🙂

laurent

tès beau compte rendu cher Alexis
Le commentaire de JC illustre bien la confusion qui existe autour d’information architecture. Le débat sur la scène mondiale se situe entre la petite IA et la grande IA. Pour faire court, la petite IA se résume à faire de sitemap au sens documentaliste & bibliothécaire du terme.
La grande IA est par contre la discipline qui reprend l’ergonomie, les personnes qui modélisent l’information, définissent la user experience et disposent des techniques de recherches centrées utilisateurs (user test, contextual analysis, etc…)
Pour moi, c’est la seconde définition qui retient mon attention et c’est ce vers quoi la discipline au niveau mondial s’oriente.
J’invite tous les profesionnels français à se rejoindre à la réflexion qui se passe au niveau mondial car je pense que cela rendra le débat encore plus intéressant.
Au passage, le prochain IA Summit européen aura lieu à Copenhague et ce serait bien que la France y soit représentée à hauteur de l’activité de sa scène IA, ergonomique ou quoi que ce soit… entre nous le terme a bien peu d’importance.